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Souveraineté numérique : quand l'Europe choisit les mots, Archibou choisit les faits

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Souveraineté numérique : quand l'Europe choisit les mots, Archibou choisit les faits

Par l'équipe Archibou

La souveraineté numérique est devenue un mot d'ordre. Tous les acteurs du cloud, de l'intelligence artificielle et du stockage l'utilisent désormais dans leur communication. Mais les mots ne suffisent pas. Quand on confie ses données à un prestataire, ce qui compte n'est pas ce qu'il affirme, mais ce qu'il garantit concrètement : où sont stockées les données, quels logiciels les hébergent, quels formats sont utilisés, et surtout si le client reste libre de partir avec ses fichiers.

Début juin 2026, la Commission européenne a publié son Tech Sovereignty Package, un ensemble de textes visant à renforcer la souveraineté technologique de l'Union européenne. Le logiciel libre y est enfin reconnu comme un pilier stratégique. Le CNLL parle même d'un tournant historique : le logiciel libre est hissé au rang d'instrument de politique industrielle européenne, au même titre que les semi-conducteurs ou l'énergie.

À notre avis, c'est une avancée importante. Mais c'est aussi insuffisant. L'Europe reconnaît le problème des dépendances numériques, mais hésite encore à imposer les conditions qui permettraient réellement de s'en affranchir.

L'Europe a enfin compris l'enjeu

Pendant longtemps, le logiciel libre a été présenté comme une niche militante, une affaire de développeurs passionnés ou de budgets publics contraints. La Commission européenne semble enfin avoir compris que le sujet est beaucoup plus vaste.

Dans sa stratégie open source, elle reconnaît plusieurs réalités qui étaient pourtant évidentes depuis des années :

  • Les logiciels libres constituent une part essentielle de l'infrastructure numérique mondiale
  • Les communautés qui les maintiennent doivent être soutenues
  • Les composants critiques nécessitent une capacité de continuité, y compris la possibilité de forker un projet si nécessaire
  • Les entreprises du logiciel libre subissent un désavantage structurel dans les marchés publics
  • Les appels d'offres sont encore trop souvent pensés pour des solutions propriétaires

Le CNLL salue cette évolution, car elle change la nature du débat. Le logiciel libre n'est plus seulement une question technique ou idéologique. Il devient un levier de politique industrielle. Autrement dit, une manière pour l'Europe de réduire sa dépendance à des technologies qu'elle ne maîtrise pas.

C'est exactement la logique que nous défendons chez Archibou : la souveraineté numérique ne consiste pas à acheter européen en apparence, mais à construire une chaîne technologique que l'on comprend, que l'on contrôle et que l'on peut maintenir dans la durée.

Pourquoi encourager ne suffit pas

Le point faible de la stratégie européenne est cependant évident : elle reste une stratégie. Ce n'est pas un règlement contraignant. Le Cloud and AI Development Act (CADA) se contente d'encourager le recours au logiciel libre dans le secteur public. Il ne l'impose pas.

L'April, association historique de défense du logiciel libre, parle d'une occasion manquée. Son analyse est simple : si l'Europe veut réellement réduire ses dépendances, le logiciel libre doit devenir le choix par défaut, et les solutions propriétaires des exceptions dûment justifiées.

Cette prudence rappelle un précédent français. En 2016, l'article 16 de la loi pour une République numérique avait déjà introduit une logique d'encouragement au logiciel libre dans l'administration. Huit ans plus tard, de nombreuses administrations restent profondément dépendantes de Microsoft, Google ou Amazon. L'encouragement sans obligation ne suffit pas à inverser une dépendance installée depuis des décennies.

C'est un problème connu : quand une organisation dépend d'un fournisseur propriétaire, chaque nouvelle décision semble plus simple dans la continuité. Migrer demande un effort initial, de la formation, parfois un changement de méthode. Mais rester dépendant a aussi un coût : licences récurrentes, verrouillage technique, difficulté d'export, dépendance à une roadmap extérieure, exposition aux changements de conditions.

Chez Archibou, nous faisons le choix inverse. Nous ne cherchons pas la dépendance confortable, mais l'autonomie durable.

Le souveraineté washing, le piège à éviter

Le CNLL emploie une expression importante : le sovereignty washing. Autrement dit, l'équivalent du greenwashing appliqué à la souveraineté numérique.

Un service peut se dire souverain parce qu'il est commercialisé par une entreprise européenne, tout en reposant sur :

  • Des infrastructures cloud américaines
  • Des logiciels propriétaires
  • Des formats fermés
  • Des API non documentées
  • Une exportation difficile des données
  • Des conditions générales permettant au fournisseur de suspendre l'accès

Dans ce cas, le mot souveraineté sert surtout à rassurer. Mais il ne protège pas réellement le client.

Pour nous, la souveraineté se vérifie avec des critères simples :

  1. Où sont stockées les données ? Chez Archibou, elles sont hébergées en France.
  2. Quels logiciels les hébergent ? Nous utilisons Nextcloud et Linux, des technologies libres.
  3. Les formats sont-ils ouverts ? Les fichiers restent des fichiers accessibles, pas des contenus enfermés dans une application.
  4. Peut-on exporter ses données ? Oui, avec des protocoles standards comme WebDAV.
  5. Le fournisseur peut-il vous empêcher de récupérer vos données ? Non, l'architecture est conçue pour éviter ce verrouillage.

La souveraineté n'est pas un label marketing. C'est une propriété vérifiable de l'architecture.

La preuve que ça marche : la DGFiP

L'exemple le plus parlant en France est celui de la Direction générale des Finances publiques. Le fisc français gère des données extrêmement sensibles : impôt sur le revenu, cadastre, TVA, comptes des collectivités locales, paiement des retraites de l'État.

Pendant vingt ans, la DGFiP a construit une doctrine technologique radicale : ne pas confier ces données à des géants américains soumis au Cloud Act. Résultat : près de 800 applications tournent sans aucune licence Microsoft. Le cloud souverain Nubo repose sur une pile libre composée notamment de Linux, PostgreSQL et Tomcat.

Cet exemple est essentiel, car il montre que le logiciel libre n'est pas une option marginale réservée aux petits projets. Il peut supporter des systèmes critiques, à grande échelle, utilisés par des millions de citoyens.

La DGFiP ne choisit pas le logiciel libre par hasard. Elle le choisit parce qu'il permet de maîtriser la chaîne technologique. Le code est auditable, les composants sont maintenus par des communautés et des entreprises, les formats sont documentés, et l'administration n'est pas prisonnière d'un fournisseur unique.

C'est exactement cette logique que nous appliquons à l'échelle d'Archibou : utiliser des briques libres, robustes et éprouvées, hébergées en France, pour offrir un service de stockage cloud qui reste maîtrisable par ses utilisateurs.

Ce que cela change pour nos clients

Pour un particulier ou une petite organisation, le choix d'Archibou répond à une question simple : comment stocker ses photos, documents et sauvegardes sans dépendre d'un GAFAM ni d'un cloud opaque ?

Notre réponse repose sur quatre principes.

1. Vos données restent vos données

C'est le principe de base. Vous ne confiez pas vos fichiers à une plateforme qui les transforme en capital propriétaire. Vous utilisez un espace de stockage qui vous permet de déposer, synchroniser, partager et récupérer vos contenus.

Vos données ne sont pas un produit dérivé. Elles ne servent pas à entraîner des modèles d'intelligence artificielle sans votre accord. Elles ne sont pas enfermées dans un format propriétaire.

2. Vous pouvez partir avec vos données

La vraie liberté, c'est la portabilité. Si vous souhaitez changer de fournisseur, vous devez pouvoir récupérer vos fichiers facilement.

Chez Archibou, les protocoles standards permettent d'accéder à vos données sans passer uniquement par notre interface. C'est une différence majeure avec les plateformes propriétaires qui rendent l'export difficile, incomplet ou techniquement pénible.

Un service souverain qui vous empêche de partir n'est pas un service souverain. C'est une dépendance déguisée.

3. L'infrastructure est transparente

Nous utilisons une infrastructure basée sur des technologies libres : Nextcloud pour le stockage collaboratif, Linux pour le système d'exploitation, PostgreSQL pour la base de données, parmis d'autres.

Cette transparence n'est pas seulement technique. Elle est aussi éthique. Elle signifie que nos clients savent sur quelles bases leur service repose. Il n'y a pas de boîte noire centrale, pas de format secret, pas de dépendance à un écosystème fermé.

4. L'hébergement est français

La souveraineté numérique ne se limite pas au code. Elle concerne aussi le lieu où les données sont hébergées et les juridictions qui s'appliquent.

Chez Archibou, les données sont hébergées en France. Ce choix n'est pas anodin. Il réduit les risques liés aux législations étrangères, aux accès extraterritoriaux et aux dépendances géopolitiques.

Le lien avec les jeux vidéo

La question des jeux vidéo, récemment au cœur de l'actualité avec la campagne Stop Killing Games, illustre le même problème sous un autre angle.

Quand un joueur achète un jeu qui dépend entièrement des serveurs de l'éditeur, il ne possède pas vraiment son achat. Il possède un accès conditionnel, révocable, dépendant de la volonté commerciale d'un tiers. Si les serveurs ferment, le jeu peut devenir inutilisable, même pour les modes solo.

C'est une forme de dépendance numérique. Le consommateur a payé, mais il ne contrôle pas ce qu'il a acheté.

Chez Archibou, nous refusons cette logique. Un service de stockage cloud ne doit pas devenir un coffre-fort dont seul le fournisseur possède la clé. Les données doivent rester accessibles, exportables et compréhensibles.

La souveraineté numérique, qu'il s'agisse de jeux vidéo, de cloud ou d'administration publique, repose toujours sur la même idée : celui qui paie et utilise doit garder le contrôle.

Pourquoi nous choisissons le logiciel libre

Le logiciel libre n'est pas seulement une question de coût. C'est une question de maîtrise.

Avec une solution propriétaire, vous dépendez :

  • De la roadmap de l'éditeur
  • De ses conditions générales
  • De ses formats
  • De ses API
  • De sa politique de prix
  • De sa continuité commerciale
  • De sa volonté de vous laisser exporter vos données

Avec une solution libre, vous avez une garantie différente : même si un acteur disparaît, la communauté, les standards ou d'autres prestataires peuvent reprendre le relais. Le code reste lisible, les formats restent documentés, la dépendance est réduite.

C'est pour cette raison que nous avons choisi Nextcloud. Ce n'est pas seulement un logiciel de stockage. C'est un écosystème ouvert, fondé sur des protocoles standards et utilisé par de nombreuses organisations publiques et privées en Europe.

Nextcloud nous permet de proposer un service cloud moderne, tout en évitant le piège du verrouillage propriétaire.

Ce que nous attendons de l'Europe

Nous saluons la reconnaissance européenne du logiciel libre comme pilier de souveraineté technologique. Mais nous espérons que les prochains textes iront plus loin.

Pour être réellement efficace, la politique européenne devrait :

  • Faire du logiciel libre le choix par défaut dans les marchés publics
  • Exiger des formats ouverts et de la portabilité
  • Financer durablement la maintenance des composants critiques
  • Lutter concrètement contre le sovereignty washing
  • Définir des critères opposables de souveraineté numérique
  • Soutenir les communautés et les entreprises européennes du libre

L'Europe a raison d'identifier le logiciel libre comme un enjeu stratégique. Mais elle doit maintenant transformer cette intuition en obligations concrètes.

Sinon, le risque est de voir se multiplier des services présentés comme souverains, mais qui restent dépendants de technologies étrangères, de licences propriétaires ou de clouds non maîtrisés.

Conclusion

La souveraineté numérique ne se décrète pas. Elle se construit.

Elle ne tient pas dans un slogan, mais dans une architecture. Elle ne se mesure pas aux déclarations d'intention, mais aux faits : code libre, formats ouverts, hébergement français, portabilité réelle, absence de dépendance aux GAFAM.

Chez Archibou, nous avons choisi de ne pas attendre que les mots deviennent des obligations. Nous appliquons dès maintenant les principes que nous défendons : vos données restent vos données, vous pouvez les récupérer, et notre infrastructure repose sur des technologies que nous pouvons comprendre, auditer et maintenir.

L'Europe vient de reconnaître que le logiciel libre est stratégique. Nous le mettons en pratique chaque jour.

Sources